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Archive for the ‘XXème siècle’ Category

Résumé :

Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L’aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s’organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef…

 

Mon avis :

… Wow. Que dire sur une pareille claque ? Tout d’abord (et une fois n’est pas coutume) j’ai lu ce livre à l’initiative de compléter mon UE sur la Robinsonnade. Certes le côté glauque est ce qui m’a attiré en premier lieu. Ma prof ne cessait de dire qu’elle n’avait pas mis ce livre au programme parce qu’il est trop violent moralement. Je trouve qu’il aurait été une riche idée de le mettre au programme. Sa Majesté des Mouches est une de ces œuvres que l’on aborde la boule au ventre, l’angoisse nous forçant à tourner les pages. Ce livre m’a tenu. Il m’a tenu en haleine, sous pression. Il m’a rendu coupable d’aimer voir la race humaine qui se délite peu à peu sans promesse d’avenir. Parce que ce sont que des gamins. Ils réagissent tellement instinctivement aux choses qu’on se prend à se dire « j’aurai surement fait pareil à sa place ». Sincèrement cet ouvrage m’a laissé un goût amer dans la gorge et dans le cœur. Il est cruel mais nécessaire quelque part. Je ne sais pas comment dire : il permet de se poser les bonnes questions. Et si des gamins de treize ans qui s’amusent à torturer leurs petits camarades pouvaient le lire et le comprendre ça serait génial. Sauf que ce genre de gamins ne lit pas, forcément. Bref, digression. Un magnifique et macabre livre à ne pas mettre entre les mains des plus sensibles mais tellement prenant…

 

Le petit mot inutile :

Pas une adaptation cinématographique mais DEUX ! Je ne les ai pas encore vu mais je pense pouvoir me procurer plus facilement la dernière en date :

 

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Résumé :

À l’automne 1939, l’aspirant Grange rejoint dans l’Ardenne son lieu d’affectation, une maison forte nommée le Toit située dans la forêt, près du village de Moriarmé. Alors que la présence de la guerre ne se manifeste guère que sous la forme d’une menace abstraite et vague, Grange passe ses journées entre la forêt, la maison forte, le village, et bientôt la maison de Mona, une jeune femme qu’il a rencontrée dans les bois et dont il est devenu l’amant. L’espace et le temps semblent peu à peu se déréaliser et le monde acquérir pour Grange une tonalité poético-onirique de plus en plus marquée.

Mon avis :

Encore une fois je n’ai pas eu l’idée de lire ce chef d’œuvre de la littérature française par moi même : il s’agit d’un livre ouvert à l’occasion de mon UE du XXeme siècle. Il est vrai que pour stéréotypé Gracq on peut dire de son roman, Un Balcon en Forêt qu’il ne s’y passe rien. Mais je ne suis pas d’accord. Les sentiments du personnage principal sont extrêmement bien rendu, et l’idée de solitude dans cette immense forêt qui devient elle même personnage est impressionnante de réalisme. Julien Gracq ne se collait pas l’étiquette de réaliste mais il disait de son roman qu’il était réaliste dans les faits racontés, puisqu’ils n’étaient qu’en partie imaginés. Comme mon prof me le dirait : ne tombez pas dans le « mythe Gracq » il vous faut rester objectif. Pour moi c’est tout à fait impossible : une prose aussi poétique aussi violente et aussi franche ne peut me laisser de marbre. Gracq a cette manière de raconter l’enlisement dans l’indifférence, la défaillance de la cohésion française au moment de l’entrée dans la guerre que je ne pouvais qu’aimer cet ouvrage. Certes le fil de l’histoire n’est pas tant l’histoire d’amour (très belle au demeurant) que les contemplations d’un personnage perdu dans l’Histoire (une pensée pour Victor Hugo) mais ça n’en reste pas moins un très grand roman et une magnifique prose.

Le petit mot inutile :

Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer cet ouvrage au livre cinq des Contemplations de Victor Hugo. Cette idée de soumission à la nature, de la nature guidant les vrais sentiments de l’être humain, ou bien la nature guidant l’être vers ce qu’il a de meilleur. C’est la marque d’un grand auteur à l’écoute de l’humanité, et la marque d’un grand géographe attentif à la nature.

Sinon le petit chose qui m’a agacé c’est le fait que l’éditeur Corti travaille à l’ancienne et donc oublie volontairement de découper les pages des cahiers du livre… C’est un travail inconnu de moi libraire des temps modernes : le travail à l’ancienne m’a perturbé. Finalement c’est une autre façon de s’approprier le livre, de le faire totalement sien. Pourquoi pas ?

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Résumé :

Le Voyeur met en scène un voyageur de commerce, ses trajets de bicyclette dans une île. Le tapis est brutalement retiré de sous les pieds du lecteur : s’il y a crime, il est tu, s’il y a énigme, elle est partout, dans la narration comme dans l’intrigue.

Mon avis :

J’ai du lire ce livre dans le cadre de mon UE de littérature comparée portant sur le Roman Policier. Au début je pensais avoir à faire à un livre de la littérature moderne comme les autres mais naaaan … Le Voyeur appartient au genre du « Nouveau Roman » c’est à dire : ce bouquin n’a ni queue ni tête. Bon j’exagère peut être un peu, puisqu’au final je me suis aperçue que ce livre m’a plu. Il a tout de même fallu attendre 254 pages et 3 jours de lectures intensif pour que la profondeur de cette étrange narration vienne me toucher.

Matthias, le héros (ou anti-héros je ne saurais dire), est parti vendre des montres sur son île natale. On suit ses pérégrinations intellectuelles de très près. Du moins c’est ce que le lecteur pense. C’est son compter le génie de Robbe-Grillet qui dissimule à sa guise les faits les plus importants. Le meurtre de la petite Jacquie, la petite démone de 13ans, par exemple. Ce meurtre devient le fil conducteur de l’histoire qui commence alors à prendre un sens. On comprend très vite qui est le meurtrier mais nous cherchons « pourquoi ». Pourquoi l’avoir tuée ?

L’atmosphère devient malsaine, la réflexion devient de plus en plus intensive. Et alors que l’histoire commence à devenir intéressante le lecteur se retrouve de nouveau perdu. La fin est ouverte, comme dans tout bon roman réflexif qui se respecte. Selon moi l’auteur a voulu démontrer le non-sens de la vie (pour tout ceux qui suivent la même UE que moi, ça tombe sous le sens n’est-ce pas?). En effet pourquoi avoir tuée Violette/Jacqueline? Nous ne le saurons jamais car Matthias s’enfuit de l’île avant d’avoir livré son secret, son terrible secret. Cette fuite peut être mise en parallèle avec ce que les romanciers modernes pensent de l’existence : qui ne serait qu’un point de fuite, insensée et éphémère.

Si je dois résumer mon avis : ne vous amusez pas à lire ce roman « just for fun« . Je ne l’ai vraiment apprécié que parceque j’avais le bagage de mon cours derrière moi. C’est un roman complexe et dur d’accès pour un lecteur lambda disons la vérité. S’il vous arrive d’avoir la curiosité de l’ouvrir dîtes vous juste ceci : la vie n’a aucun sens, alors pourquoi l’auteur donnerait-il un sens à son histoire?

Le petit mot inutile :

Je suis bien heureuse d’avoir ce livre dans ma bibliothèque pour une seule et bonne raison : la couverture. Je trouve les livres des Éditions de Minuit juste super esthétiques. Très classes, sobres. Mis à part le prix excessif cette collection brille par ses choix. Et le théâtre de l’absurde , mon théâtre préféré, n’est pas en reste. Avez-vous déjà lu : En attendant Godot de Beckett ? …

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